Les bons sentiments

Gens heureux de lire mes propositions sur le logement dans le journal

Gens heureux de lire mes propositions sur le logement dans le journal

Je pense qu’on pourrait faire un livre avec tous les bons sentiments qui causent des malheurs bien plus grands que ceux qu’ils combattent.

Parmi les fléaux actuels balayant la France avec beaucoup plus d’âpreté que les neiges de ce matin, on a le chômage et le mal logement (oui, je sais, ça fait un peu novlangue mais en l’occurrence je ne trouve pas de terme plus idoine).

Outre que ces fléaux seraient certainement inexistants sans l’immigration massive subie depuis 30 ans, accentuée elle aussi par les bons sentiments des niais qui croient que les Maliens sont fondamentalement plus heureux dans nos grisailles bétonnées que chez eux,  je crois qu’on pourrait réduire et le nombre de chômeurs et celui de mal logés en cessant tout simplement de s’occuper d’eux.

Il suffit de se mettre à chaque fois à la place de celui qui accorde un toit ou un boulot. Un effort a priori à la portée du premier venu tel que moi, qui ne suis ni propriétaire ni patron.

Mettons que j’ai des appartements à louer : vais-je les louer à un jeune certainement plein d’avenir mais c’est pas sûr quand même ? à un ouvrier de chez Florange ? à un ouvrier de chez Peugeot ? à un ouvrier ayant la prétention d’exercer ses talents dans un pays de la zone euro ? à un Malien dont la photocopie du permis de séjour est à moitié déchirée ? Non, parce que je sais que j’aurai un mal de chien à m’en débarrasser s’il leur arrive le moindre problème économique ou qu’ils décident juste qu’ils préfèrent se payer le dernier Ipad plutôt que le loyer. Au moins trois ans à s’épuiser en combats judiciaires, sans garantie de succès. Il vaut encore mieux garder ce bien vide en attendant le couple de fonctionnaires énarques que le louer à ceux qui en ont besoin. Alors qu’avec une loi du type : au bout de 3 mensualités non réglées, l’expulsion est automatique, enfants pas enfants, neige pas neige, et indemnisation du proprio pour les dégâts dans l’appartement, il n’y aurait plus aucune raison de ne pas louer à qui que ce soit, et sans justificatifs.

Alors oui, c’est dégueulasse de foutre à la rue un père célibataire avec enfants qui vient de se faire licencier, mais je suis sûr qu’au bout de quelques mois on verrait une telle abondance d’offres que les loyers chuteraient… et que les pères célibataires  trouveraient à se loger, et sans que les proprios se foutent de leur gueule à la vue de leur bulletin de paie de chez Renault puisqu’ils n’auraient plus de le droit de choisir leurs locataires qu’à la gueule. Pas la peine de s’emmerder, si l’argent ne rentre plus, expulsion et nouveau locataire. Bref, tous gagnants.

D’ailleurs, à réfléchir encore plus loin, c’est fondamentalement incroyable qu’un patron ou qu’un proprio ne puisse pas décider librement de virer quelqu’un qui est chez lui et qui lui chie dans les chaussettes. Nul n’aurait pu imaginer ça jusqu’à une époque assez récente ; on en est arrivé à une forme de servage à l’envers où le vilain a plus de droits que le seigneur. Inégalité d’autant plus choquante que le vilain contemporain mérite vraiment de l’être, nulle loi ne lui ayant interdit de devenir seigneur.

Tiens, si on continuait comme ça, on pourrait même imaginer un pays, une communauté nationale, qui donnerait des droits, des soins, de l’argent et s’interdirait d’expulser des individus s’introduisant clandestinement et inamicalement sur son territoire…

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