Le pays où on a le droit de penser ce qu’on veut du passé

Dans l’ex-pays des Soviets dont je viens de revenir, j’ai remarqué, entre nombreuses chose remarquables (dans tous les sens du terme !), un rapport au passé non névrotique.

Les Russes assument leur passé, réellement, pas comme nous. Ils ont juste la petite dose de mauvaise foi qu’ont tous les peuples normaux, qu’avaient les Français autrefois, et qui consiste à mettre sous le boisseau les aspects les moins glorieux de leur histoire. Ainsi, je doute que les jeunes Russes soient au courant que leurs glorieux ancêtres de la Grande Guerre Patriotique, comme ils disent, aient eu cuisses ouvertes pendant un petit bout de temps chez les femmes, sœurs, mères et filles des soldats aryens. Si les Russes avaient le même système politico-médiatique que nous, ce serait repentance à tous les étages pour ces viols, et silence sur les 20 millions de morts soviétiques de la guerre. Oh, ils se reprocheraient peut-être également de ne pas avoir défendu assez vigoureusement les Juifs et les homosexuels, trop occupés égoïstement à chercher à survivre et à combattre juste pour leur terre natale. Bref, ces nationalistes de Russes voient plutôt le verre aux neuf dixième plein qu’au dixième vide.

Mais ce que j’ai trouvé de plus remarquable, c’est leur façon d’aborder leur histoire « intérieure », et bien sûr ces 70 ans de communisme à haute densité de répression.

Le très bien fait Musée d’Histoire Contemporaine en est l’illustration. Tout est totalement factuel. Il y a le Goulag, mais aussi « l’éducation gratuite et la disparition du chômage ». A contrario quel tollé chaque fois que quelqu’un s’est risqué à dire que certains aspects économiques du nazisme n’avaient peut-être pas été totalement négatifs !

Une petite anecdote. Collégien, déjà facho-réac sans le savoir, j’avais acheté une pleine plaquette de croix gammées décalcomanies. Pourquoi, alors que je n’étais pas plus néo-nazi que maintenant ? Tout simplement pour que les maquettes d’engins de la seconde guerre mondiale que je faisais soient ressemblantes. Et j’appris alors ce qu’était la stupidité mémorielle : en Allemagne, en RFA encore (oui, le monde d’avant, je sais), les croix gammées étaient interdites ! Du coup, dans les boîtes de maquette rien du tout pour orner les flancs de chars et les empennages…

Staline a fait plus de mal à sa population qu’Hitler, volontairement du moins,  et ça n’empêche pas d’acheter ce type de ticheurtes à tous les coins de rue de la « Troisième Rome » :

4A l’inverse, on a aussi ce musée-là, le musée du Goulag :

Musée_du_Goulag_Mosou_entrée_2

Et dans les librairies, on trouve des livres à sa gloire et d’autres à sa honte. un peu comme si à la Fnac on trouvait à la fois des hagiographies et anti-hagiographies de Pétain.  Incroyable, non ?

 

 

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2 réflexions au sujet de « Le pays où on a le droit de penser ce qu’on veut du passé »

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