Chut !

Oui, moi aussi je vais parler des Roms. Pour une fois, je ne mettrai pas de photo. Ma réalité est déjà suffisamment laide pour que je n’aille pas salir mon blog d’images de camps pouilleux que je croise tous les jours.

J’ai une excuse pour en parler, des Roms : je me suis brossé les dents ce matin en écoutant l’interview du président de France Terre d’Asile sur Europe 1, puis j’ai enchaîné avec les 4 pages de Libé sur le sujet et je me suis fini avec l’édito du Monde (je n’en attendais pas moins). Niveau bien-pensance, je dois être au top, il ne me manque qu’un édito de France-Inter pour savoir que penser de Manuel Valls qui a donné publiquement le scoop du siècle (les Roms ne veulent pas s’assimiler sinon cas exceptionnel), connu de tous les peuples ayant frayé avec des Roms depuis à peine deux millénaires.

Bon, pour le fun et garder une trace je mets l’édito du Monde en petit. Il résume assez bien tout ce que j’ai lu ou entendu d’autre :

Peu de temps après son installation au ministère de l’intérieur, Manuel Valls avait assuré vouloir traiter le problème des Roms « dans la sérénité ». Faisant référence au discours prononcé à Grenoble, en juillet 2010, par le président de la République de l’époque, Nicolas Sarkozy, il ajoutait : « Ce n’est pas facile. Si le débat est remis sur la place publique de la manière dont cela a été fait il y a deux ans, on n’y arrivera pas. »
A l’évidence, il n’y arrive pas. Les propos qu’il a tenus le 24 septembre sont aux antipodes de la sérénité à laquelle il invitait. Il ne s’est pas contenté, en effet, d’assurer – ce qui est son rôle – qu’il ferait procéder, à chaque fois qu’une décision de justice le justifie, au démantèlement des campements illégaux où s’entassent quelque 15 000 Roms dans des conditions indignes, à la lisière de nos grandes villes. Il ne s’est pas contenté de juger, comme en mars, que « les Roms ont vocation à rester en Roumanie ou à y retourner ».
Il a relancé le débat exactement sur le terrain où l’avait placé la droite : l’impossibilité, sauf pour « quelques familles », d’intégrer ces populations dont les « modes de vie extrêmement différents des nôtres » et entrent « en confrontation » avec les populations voisines. Dès lors, sauf exception, « il n’y a pas d’autre solution » que de démanteler les campements et de renvoyer leurs occupants dans leur pays d’origine.
Ce faisant, le ministre de l’intérieur sait qu’il exprime, tout haut, l’irritation de bon nombre des élus locaux concernés et qu’il répond à leur sentiment d’impuissance. De même, il veut entendre l’exaspération devant l’augmentation de la petite délinquance dans la capitale ou quelques grandes villes, à laquelle les Roms contribuent pour une part non négligeable – en particulier les mineurs, souvent organisés par des réseaux mafieux.
Si ce n’est du cynisme, drapé dans un langage de « vérité », c’est une faute lourde. Politique autant que morale. Depuis des semaines, sans même que l’extrême droite ait besoin de s’y employer, la droite a délibérément choisi de faire de la « menace » que constitueraient les Roms un thème explosif des prochaines élections municipales et, au-delà, européennes. En apportant de l’eau à son moulin, M. Valls donne crédit à cette campagne qui joue, sans vergogne, sur la peur de l’étranger et fait des Roms des boucs émissaires parfaits.
Mais en désignant l’ensemble d’une population étrangère – et néanmoins européenne –, en stigmatisant une population ethniquement étiquetée, en la jugeant incapable de s’intégrer en France, le ministre de l’intérieur renonce à des principes élémentaires républicains : l’accueil, l’intégration, la solidarité.
Plusieurs voix, à gauche, l’ont immédiatement déploré. Celle de Martine Aubry, maire de Lille, qui a invoqué « l’humanité et l’efficacité, c’est-à-dire la République ». Celle du ministre Arnaud Montebourg, qui a jugé le propos de M. Valls « excessif » et estimé qu’il devait être « corrigé ». Il a raison.
Et c’est au président de la République de le faire, avec fermeté et, si possible, sérénité. C’est sa responsabilité et son devoir.

Ah, ce style pontifiant inimitable de la Pravda ! Non, ce que j’ai trouvé vraiment drôle, c’est qu’aucune intervention ne niait qu’où passaient les Roms montaient les vols. Nul n’a nié la justesse des propos de Valls, pas même l’amoureux de la misère du monde chez nous de France terre d’asile , non, tous bottent en touche sur les « principes ». En résumé : ce qui est dit est juste (même si c’est reconnu de façon implicite) mais il ne faut pas le dire. Car notre pays saura bien sûr trouver les solutions. Car ils ne sont pas si nombreux que ça. Car ils ne sont pas tous délinquants (pourtant, s’ils ne sont que 20 000 et qu’il n’y a que 5% de délinquants parmi eux, quelle efficacité de ces 1000 chapardeurs qui ont manifestement le don d’ubiquité). Car c’est stigmatisant. Car ils sont d’abord roumains (comme si eux-mêmes se définissaient comme Roumains !) Car c’est une manœuvre politique de Valls (et là c’est vrai). Car on renonce à « l’accueil, l’intégration et la solidarité ». Mais depuis quand on doit l’accueil à des gens qui s’imposent chez vous ??!!! Les Africains devaient-ils l’accueil aux Européens au 18ème siècle ? Si je vais en Chine me doit-on l’accueil ? Si un éditorialiste du Monde se présente chez moi, même le soir de Noël, lui dois-je l’accueil, surtout quand je sais qu’il va piquer les bijoux (ou pire encore, ouvrir sa gueule) ?

Bon, sinon, comme d’hab’, aucune solution. La seule (à part l’expulsion, œuf corse), c’est une « chercheuse » de Amnesty International qui l’a trouvée : dépenser plein de sous pour leur offrir une vie de rentier en espérant qu’ils se tiennent tranquilles.  MDR

Bonne soirée à tous, et n’oubliez pas de ne pas déposer de plainte en cas de vol, sinon ça augmente la délinquance et ça chagrine notre Manuel.

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2 réflexions au sujet de « Chut ! »

  1. Je me suis fait la même réflexion en lisant la prose de Frédéric Lordon sur son apologie du divorce. Tout maintenir au niveau des principes sans regarder les conséquences. Idem pour la Syrie (ils sont méchants, faut leur taper dessus).
    Le réel (et la complexité des causes et des conséquences) semble trop réactionnaire pour ces braves gens.

  2. Pour moi, la différence entre la gauche et la droite a toujours tenu au rapport à la réalité : la gauche voulait transformer le monde en utopie. Mais la différence entre maintenant et 1900,, c’est qu’à l’époque Jaurès appelait encore un chat, un chat. Même Lénine se basait sur la réalité pour construire son futur radieux. Il vivrait à notre époque et serait membre d’EELV, il dirait qu’il est indigne aux valeurs soviétiques de dire que 90% de la population est paysanne (puisque dans l’idéal marxiste il faut plus d’ouvriers)

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