Le nivellement par le bas

Interview parue dans le Figaro :

Jacques Myard est député UMP des Yvelines.


FigaroVox: Interrogée ce matin sur France Inter, Najat Vallaud-Belkacem a confirmé la disparition des bourses au mérite. Que vous inspire cette suppression?

Jacques MYARD: C’est l’illustration parfaite d’idéologie de l’égalitarisme qui tire toute société vers le bas. Une société qui refuse de reconnaitre le mérite, ne serait-ce qu’avec des bourses au mérite, au demeurant données à des élèves dont la famille est en situation difficile, pour redistribuer les crédits de manière totalement égalitaire fait une faute stratégique de développement. Une société qui méprise le mérite et ses élites est une société en voie d’implosion.

Pourquoi cela?

Une société a besoin d’individus, d’élèves qui, à travers leur mérite personnel, tirent toute la société, et ce n’est pas faire insulte au principe d’égalité, qui n’a rien à voir avec l’égalitarisme gauchiste et idéologique de Najat Vallaud- Belkacem. Ce n’est pas pour rien que toutes les sociétés qui ont réussi ont toujours reconnu le mérite. Je rappelle que Frédéric II de Prusse avait institué un ordre qui s’intitulait «Pour le mérite». On assiste aujourd’hui à une volonté d’égalitarisme qui tire tout le monde vers le bas. Ça n’a rien à voir avec l’égalité républicaine. L’égalité c’est de donner effectivement une chance, notamment aux élèves dont le travail, dont l’engagement méritent qu’ils soient reconnus comme tels par la société. C’est un moteur psychologique non seulement pour ceux qui en bénéficient, mais pour l’ensemble de la société, car elle a besoin d’exemples qui réussissent et qui tracent la voie pour les suivants.

Le choix des critères sociaux, pour attribuer les prochaines bourses, plutôt que les résultats scolaires est-il la preuve d’un basculement vers la discrimination positive à l’anglo-saxonne?

Aujourd’hui, ce n’est même pas la discrimination positive, mais simplement la volonté de nivellement. Au demeurant, les bourses au mérite n’étaient pas attribuées au fils ou à la fille du PDG qui réussissait, mais justement à des gens dont les familles étaient dans le besoin et dont les enfants montraient des aptitudes qu’il convient d’encourager.

On assiste, avec Najat Vallaud-Belkacem, à une sorte de racisme anti-élite. Cette haine de tous, on l’a déjà vue avec les Peillon et compagnies quand ils ont eu le projet de supprimer les classes préparatoires et les Grandes écoles. C’est toujours le même discours, la même politique: le nivellement et le ratage pour tous.

Comment expliquer que les socialistes s’en prennent à ce moyen qui permettait de donner leur chance aux plus défavorisés?

En réalité, aujourd’hui, la gauche idéologique est devenue sectaire. Elle hait tout ce qui peut sortir du rang, et elle préfère couler tout le monde que de permettre à quelques-uns de réussir. Le meilleur moyen pour effectivement faire réussir tout le monde, c’est de montrer en exemple des élèves qui, issus de milieux «défavorisés», s’en sortent, et qui ont besoin d’un coup de pouce supplémentaire pour vraiment réussir, et soient, par leur succès, une raison d’espérer pour les classes et générations suivantes.

Le nivellement que nous proposent les socialistes, c’est véritablement l’échec même de la marche du monde, et c’est ce qu’ils souhaitent en définitive pour avoir dans l’école encore plus d’échecs. Je ne dirais pas qu’ils vont ainsi recruter leurs prochains électeurs, mais je n’en suis pas loin…

Est-on en train de transformer en profondeur le principe même de l’école républicaine?

L’école républicaine a toujours été un lieu où l’on note, où l’on passe examens et concours, qu’on le veuille ou non. Il ne s’agit pas de sélectionner les meilleurs, mais de permettre aux meilleurs de s’en sortir et d’être des exemples pour les autres. Je suis fils d’ouvrier artisan, et j’ai passé des concours que j’ai réussis. Dans le système de Najat Vallaud- Belkacem, je ne suis absolument pas certain que j’aurais pu gravir l’échelle sociale.

L’école républicaine, c’est parce qu’on avance, travaille, et mérite effectivement par son engagement de monter dans l’échelle sociale. Madame Vallaud-Belkacem lui tourne le dos.

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3 réflexions au sujet de « Le nivellement par le bas »

  1. Les bourses au mérite favorisait par trop le mâle blanc,tant que le critére social coïncide avec la préfèrence immigrée(logement) (allocations familiales :quotient familiale) on garde l’alibi social.
    On est passé d’un systéme basé sur le merite à un système basé sur la préference étrangère et l’appartenance ethnique.

    • Le pourcentage de méritants au sein de chaque groupe ethnique ne doit pas forcément varier. Non, c est un signal de plus : si vous êtes nuls/fainéant venez en France, le seul pays qui récompense les médiocres et décourage les autres.

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